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Comment le web tue le livre! (1)

Comment le web tue le livre! (1)

Je poursuis mon germe de réflexion autour du web et du livre. Pour résumer, l’idée est que l’Internet menace le livre non pas parce qu’il nous éloigne de la lecture mais bien au contraire parce qu’il est nettement axé autour de celle-ci. Internet remplacera le livre comme il est en train de remplacer le disque. On continuera à lire autant, voire plus, mais autre chose et autrement… Oui je fais un peu œuvre de voyance mais ce n’est que le prolongement d’une réflexion. Correcte ou erronée, l’avenir nous le dira.

La génération Internet est la génération du texte

Oui Internet c’est principalement du texte. Je donnais déjà l’exemple de google qui se base exclusivement su du texte (apparent ou caché) pour référencer toutes les pages du web. C’est dire si la nature de ce média est principalement textuelle.

Google Books

Google Books

On pourrait avancer le succès de Twitter (que du texte), le succès de Facebook (principalement du texte), le succès des publicités en texte pur (les Adsense de Google). Oui mais Youtube ? Me direz-vous. Je vous le concède, c’est de l’image mais comment effectuez-vous vos recherches et comment interagissez-vous sur Youtube? Avec du texte.

L’idée que notre génération est celle de l’image est un peu facile. C’était vrai avec la télévision. Ca l’est de moins en moins avec Internet. Autant la télévision ne menaçait pas le livre car elle jouait sur un autre terrain, autant Internet est en concurrence avec le livre et en concurrence inégale. Pourquoi inégale ? Parce que l’offre sur le web est infiniment plus riche, personnalisé et moins coûteuse.

A suivre…

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Nadorculture, un très bon blog algérien!

Je passe rapidement juste pour vous conseiller un blog que j’ai découvert tout récemment. C’est Nadorculture alias « Bouillon de culture ».

Nadorculture (The Blog)

Nadorculture (The Blog)

Enfin un blog avec du vrai contenu. Il y a des critiques/compte-rendus de livres, des contributions de d’intelectuels et d’auteurs sur divers sujets: Société, histoire, littérature…

Le graphisme donne raison au constat que je faisais dans l’article (Web Algérien, comment réussir quand on est moche et mal organisé). Une dominante de rose. Avec un gif représentant l’éclosion d’une rose au-dessus du compteur de visite et une colombe qui vole de l’autre côté… symbole de la paix. Pas besoin d’être beau, le contenu vaut vraiment le détour et les auteurs méritent tous nos encouragements.

Visitez sans plus tarder le blog Bouillon de culture.

Tératologie: Plongeons

Plongeons

Magritte; Le fils de l'homme

Il m’arrive en été de me rendre au bord de la jetée. On l’appelait le Port. Le lieu n’avait plus du port que l’odeur (un mélange de fraîcheur marine et de puanteur d’égout enrobée d’effluves de kérosen) ainsi que deux ou trois barques sommeillant au rythme engourdi des vagues.

Anqiq, Morrisqua, Boumba… Les plongeons comiques des jeunes nageurs offraient un spectacle digne d’intérêt. J’observais ces automates désarticulés se tortiller dans les airs avant de se figer brusquement, comme terrassés par une syncope, dans une position qui donnait le nom de leur acrobatie; ils s’aplatissaient ensuite sur la surface de l’eau en produisant un claquement qui permettait de mesurer la sévérité de la gifle marine.

Une braise s’enflamma et s’illumina. Un craquement de paille. Une bouffée de fumée amère me brûla la gorge. Je ne fumerai plus ce tabac de contrebande, avais-je décidé avant de jeter à l’eau la cigarette  incriminée.

En observant le mégot flotter bercé par le roulis serein des vagues, il me vint une idée singulière et évidente: « ces vaguelettes doivent arriver de l’autre bout de la mer. Et avant d’arriver aux côtes du continent d’en face, elles étaient parties de ce point et ainsi de suite… Elles sont une force emprisonnée entre deux rives. Elles peuvent se déplacer avec plus ou moins de vitesse mais parcourront toujours inlassablement le même trajet dans les deux sens. »

« Ces vagues sont un homme qui court d’un mur à l’autre en se cognant la tête à chaque obstacle. » La métaphore me paraissait bien trouvée.  « Les yeux embuée de sang, le visage sans forme, le crâne défoncé, sa tête est une pastèque trop mûre. » J’étais assez fier de cette deuxième figure, je la trouvais très expressive et curieusement peu galvaudée. Je me demandais si, à travers l’histoire des littératures, un homme avait déjà eut à décrire mon personnage. Je me demandais si l’on pouvait penser à une autre image que la pastèque trop mûre pour désigner sa tête.

Je n’en savais rien. J’avais trop lu pour ne pas soupçonner que le monde des idées était une répétition infinie ;  et je n’avais pas assez lu pour connaître les variations infimes qui font que la répétition n’est jamais identique.

L’homme à la tête de pastèque trop mure se cognait de plus en plus violemment.

Et je syllabisais, et je sybilisais et je semblantais… Je me faisais poète devant sa fuyante figure en sang. A chaque impact, dans l’éclat de la douleur, des images sans âge apparaissaient. Le sang de l’homme irriguait les fontaines d’Al Hamra au crépuscule d’un jour gorgé de soleil. Le sang de l’homme courrait dans le Nil, le sang de l’homme irisait la Seine d’un arc en ciel écarlate.

L’homme criait et son cri était une étrange cacophonie. Son cri était un chant. Un chant aux voix multipliées. Etait-ce l’effet des terres qui l’encerclaient  ou un réel pouvoir de l’homme à la tête de pastèque trop mûre ? Des milliers de voix jaillissaient de sa gorge. C’était « le chant du monde ». Un interminable crescendo vers un point d’orgue inconnu.

Boumba ! L’homme explosa. Un dernier plongeon. Un garçon chétif venait de plonger en provoquant un bruit  de tonnerre et un remous inattendu à la surface. Il remonta après une brève et inquiétante disparition et recevait dignement les félicitations de ses concurrents.

Et l’homme à la tête de pastèque trop mûre ? Ce devait être une hallucination… ou une métaphore. Une vue de l’esprit.

Revenir au sommaire: Tératologie: quelques textes monstrueux.

Tératologie: Le Smontre

Le Smontre

Jérome Bosch; Le jardin des délices (détail)

Jérome Bosch; Le jardin des délices (détail)

Le Smontre se caractérise par une tête de grande étendue et une queue qui se perd dans la nuit des temps. Il vit dans les nuits sans lune et les jours de brouillard. Les personnes qui l’ont rencontré étaient toutes seules (ou en compagnie fort ennuyeuse, ce qui revient au même) et elles ont toutes disparu.

Néanmoins, on raconte que la créature aborde ses victimes par des propos tels que : « Ah quelle époque ! » ; « c’était le bon temps » ou encore « ce sont les meilleurs qui partent les premiers ». Attirées par les paroles magiques, elles s’approchent de sa bouche en forme de grotte. Un sentiment de douceur infini les envahit à l’entrée et elles dorment. Le Smontre n’a plus qu’à tendre la langue pour les avaler. Elles se perdent dans le temps.

L’origine de cette créature semble être le produit d’un croisement entre un monstre et une montre.
Cela dit, d’autres hypothèses existent. Parmi les plus intéressantes, celle dite de la faute d’orthographe. Elle affirme qu’un individu aurait commis une faute dans le mot  « montres », plaçant la désinence du pluriel au début du mot. Il aurait engendré ainsi le Smontre. Le plus curieux est que cette hypothèse maintient qu’à chaque fois qu’un individu commet cette faute un Smontre est produit.

Quoi qu’il en soit, ceux qui on vu la créature ne sont plus de notre monde et ceux qui en parlent n’en savent rien. D’ailleurs, il se pourrait qu’elle n’existe pas du tout. Le plus prudent est de l’ignorer autant que possible.

Retour au sommaire: Tératologie: Quelques textes monstrueux

Opération: « Mon été avec un livre »

Voici une belle initiative lancée par des blogueurs marocains. Intitulée « Mon été avec un livre » cette opération consiste à partager avec la blogosphère nos lectures favorites. Le but étant de susciter (ou ressusciter) l’intérêt pour la lecture.

Concrètement il s’agit de répondre au questionnaire que voici:

Quels sont les livres d’enfance dont vous vous souvenez ?
Quels sont vos auteurs préférés ?
Quels auteurs avez-vous décidé de ne plus lire ?
Quels sont les livres que vous apporteriez avec vous si vous êtiez isolé dans un désert ?
Quel auteur dont vous n’avez rien lu encore trouvez-vous nécessaire de lire ?
Quels sont vos livres préférés ?
Quels livres êtes-vous en train de lire ?
Envoyez les questions à quatre blogueurs que vous lisez et invitez les à parler de leurs lectures avec nous tous.

Et puis de préciser qui vous a invité et qui invitez-vous. Voici mes réponses:

Qui vous a invité? Personne en particulier mais j’ai appris la nouvelle grâce à iChaib et je l’en remercie.

Quels sont les livres d’enfance dont vous vous souvenez ?
Des adaptations des fables Kalila wa dimna, Georges Bouillon et la potion magique et puis un livre d’art sur l’impressionnisme.

Quels sont vos auteurs préférés ?
Franz Kafka (c’était prévisible!), Jorge Luis Borges, Dino Buzzati, Tahar Djaout, Boris Vian, Eugène Ionesco, Lewis Carroll, Miguel de Cervantès, William Shakespeare…

Quels auteurs avez-vous décidé de ne plus lire ?
Yasmina Khadra (pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé), Stephen King (parce que les films me suffisent) et William Faulkner (parce que je n’y comprend rien).

Quels sont les livres que vous apporteriez avec vous si vous étiez isolé dans un désert ?

Un dictionnaire étymologique (parce qu’on ne s’en lasse pas) et puis Les Mille et Une nuits et Don Quichotte.

Quel auteur dont vous n’avez rien lu encore trouvez-vous nécessaire de lire ?
James Joyce.

Jorge-Luis Borges

J-L. Borges: El grande maestro tout simplement!

Quels sont vos livres préférés ?
Le procès de Kafka, Fictions de Jorge Luis Borges, Les Vigiles de Tahar Djaout Les Bavardages du Seul de Mustapha Benfodil, 1984 de H.G. Wells, Le meilleur des mondes de Huxley…

Quels livres êtes-vous en train de lire?
Livre d’or de la science fiction: Isaac Asimov (je découvre avec plaisir), Histoire de la musique et puis surtout last but not least Le Petit Futé Algérie 2010 🙂

Qui invitez-vous? Sorcière aux pieds gelés,  Mesk-Ellil et Dahbia!

A vous les studios! N’hésitez pas à propager le questionnaire. Personne ne gagne rien ni en pub ni en notoriété, le seul but est de partager le plaisir (voir la passion) de la lecture.