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El Watan t’apprend à vivre… En bikini

Petit coup de gueule du jour. Pour un truc qui n’en vaut certainement la peine.

Un article intitulé: « Tendance sur les plages d’Alger : Bikinis, paréos et autres maillots hidjab… » dans le journal d’El Watan.

Time life affiche: Tu la veux celle-là?

Eloïse Lagny, l’auteure de l’article, nous explique le drame des plages des quartiers populaires: on ne peut pas y nager en maillot deux-pièces! Quel enfer, quelle horreur et quelle désolation.

Nous parler de ça alors que les pneus brulent à Triolet, que des centaines de familles se retrouvent sans logement. Et notre journaliste se demande pourquoi les gens ne sont pas très ouverts dans les quartiers populaires. Mais nom de nom quand on est frustrés de tout, comment voulez-vous qu’on soit tolérants, ouverts d’esprits, polis…

Quelques extraits:

Alors donc à Bab el Oued: « Nous avons pu observer la « pudeur » affichée des femmes. Aucun maillot de bain. On se dissimule derrière des vêtements amples, qui parfois exacerbent d’ailleurs des formes qu’ils prétendent dissimuler aux yeux de tous. « Je ne pourrais jamais me mettre en maillot deux-pièces ici », déclare avec dépit une jeune fille. « Je ne peux pas, je me sens jugée » ».

Le sarcasme de ces guillemets à pudeur est simplement insupportable. Non seulement ces filles vivent dans des quartiers insupportables, dans des conditions inacceptables. Elles tentent vaille que vaille de se divertir et notre Eloïse Lagny déboule pour les juger et les traiter quasiment d’hypocrites. Franchement c’est une position extrémiste pour un journaliste.

« L’idée n’étant pas forcément d’imposer le maillot deux-pièces comme vêtement « officiel » de plage, mais plutôt de normaliser son usage ».

Tout est dit. Notre journaliste d’El Watan nous explique comment on devrait penser. « Normaliser son usage » et puis quoi? Faire passer un texte de loi? Est-ce que c’est au journaliste de nous dire ce qui doit être normalisé ou pas? Les gens s’habillent comme ils veulent et si les mentalités n’acceptent pas certains vêtements ça viendra avec le temps. Décréter ce qui doit être porté/normalisé ou pas par les gens ne fait qu’exacerber les conflits (la France l’a bien prouvé).

A Palm-Beach et Sidi-Fredj: « se côtoient tous les genres. Maillots légers pour certaines, T-shirt et short pour d’autres, voile pour certaines…Une jeune fille nous dit ne pas porter de maillot « par habitude ». Pudeur ? Morale ? Tradition ? »

Ah des doutes, des doutes? Serait-ce son mari polygame qui la force à ne pas porter de maillot? Serait-ce son frère égorgeur de mouton qui la maltraite? Ou peut-être est-ce l’imam du quartier envoyé par Al Qaida? Suspens…

Dans la piscine de Bordj El Kifan: « Nous nous trouvons confrontée de plain pied dans un univers totalement différent…Les hommes doivent être accompagnés pour rentrer. Un prix assez élevé… prix à payer pour « se sentir plus libre » ?…Faut-il, pour pouvoir arborer librement bikini ou autre brésilien de son choix, débourser davantage ? De la musique, une animation intense : les gens dansent, glissent le long des toboggans… confort et « liberté » semblent de mise. »

Voilà, la vie est plus belle quand on est riche. C’est ce que j’appelle du journalisme de fond. De l’investigation.

Et juste un détail: On dit « confronté à » et non « confronté dans « .

Conclusion: « L’intolérance et l’incompréhension, quant à certains comportements vestimentaires, amènent au cloisonnement des individus dans certains espaces. Est-ce vraiment ce à quoi il faut rêver d’aboutir ? Cette différence, selon les lieux et milieux, devrait attirer notre attention. Atteste-t-elle du malaise de la société algérienne empêtrée dans ses contradictions ? »

On parle de la France-là? Je pense que c’est une déformation professionnelle. Notre Heloïse Lagny devait travailler pour la presse française. Mais l’Algérie n’est pas la France (depuis quelques temps déjà).

Non vraiment, sérieusement il faut revenir sur terre. Je suis d’accord qu’il faudrait arriver à une plus grande liberté en Algérie dans tous les domaines (et pas seulement dans les maillots de bains). Mais prenons le problème dans son ensemble: une jeunesse frustrée de tout (réussite, voyages, études, confort, estime, divertissement… la liste est longue). Et on voudrait décréter le port du Bikini dans les plages de Bab El Oued. Oui on pourrait le faire, mais en mettant une brigade de gendarmes autour pour tabasser les jeunes avides de savoir et pressés d’aller à la rencontre de l’autre.

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