Potsdamer Platz, le no man’s land surpeuplé

Un périple berlinois (1/3)
Potsdamer Platz, le no man’s land surpeuplé 

Berlin est-elle une belle ville ? Question apparemment facile qu’on pose obligatoirement au retour d’une ville étrangère. Mais question difficile à trancher tant Berlin se joue de tous les canons esthétiques. Haut lieu de culture et d’histoire, la capitale allemande arbore sans complexes toutes les strates de son passé tourmenté pour se tourner résolument vers le futur.

Ville-Etat de plus de 2000 km², Berlin est impossible à visiter en une seule fois. Notre parcours de quelques jours sera donc forcément partiel.

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Arrivé au centre de Berlin, la Potsdamer Platz est un chantier perpétuel. No man’s land du temps du mur, cette place a été reconstruite dans une architecture très moderne. Le complexe commercial Sony Center rivalise de gigantisme avec les bâtiments de Daimler Crysler. La plupart des immeubles ont été construits dans les années 2000 et la rénovation se poursuit, comme en témoignent les multiples grues et ces curieux tuyaux roses qui traversent les rues pour évacuer l’eau souterraine. Avec plus de 7000 visiteurs par jours, dont une majorité de touristes, le terrain vague est devenu un temple de la consommation. Hamburger, pizza et gadgets électroniques vous trouverez tout ce qui s’achète dans le grand centre commercial Arkaden et ses environs.

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On est loin du désert urbain où Wim Wenders tournait Les ailes du désir en 1987. Les fans de cinéma trouveront d’ailleurs leur bonheur dans le musée du cinéma et les très nombreuses salles obscures qui peuplent la Potsdamer Platz. On y trouve même un « Boulvard der Stars » rassemblant les étoiles du septième art germanique à la manière du « Walk of Fame » hollywoodien. Le libéralisme triomphant de l’ouest proclame sa victoire à tous les coins de rues et l’est est réduit à la portion congrue des vendeurs de souvenirs qui proposent des répliques de tenues des jeunesses socialistes et des modèles réduits de la Trabant 601, voiture emblématique de l’est qui se voulait l’équivalent socialiste de la Coccinelle. Un ancien habitant de Berlin-est nous racontera qu’il fallait attendre plus d’une dizaine d’années après sa commande pour avoir une Trabi (sobriquet affectueux donné à la Tranbant). Aujourd’hui un « Trabi safari » autour de la ville est proposé aux nostalgiques de la RDA. L’Ostalgie, réveillée par l’excellent film Goodbye Lenin de Wolfgang Becker, est un bon argument marketing. Mais le mur est bel est bien tombé.

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Déambulant dans la ville, vous aurez du mal à savoir de quel côté du mur, encore indiqué au sol par de discrètes plaques de fonte, vous êtes situés. Les « Ampelmännchen » (petits bonshommes) des feux de signalisation viendront toutefois vous le rappeler avec le mythique bonhomme à chapeau de la RDA. Le premier feu de signalisation d’Europe est d’ailleurs toujours érigé à la Potsdamer Platz.
Ampelmann.svg

 

 

Walid Bouchakour 

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